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L’image de la rentrée 2017

Trajectoires d’intégration des villes françaises dans les réseaux des firmes transnationales étrangères

Qui est l’auteur de cette image ?


Je suis Olivier Finance, j’ai réalisé ma thèse intitulée « Les villes françaises investies par les firmes transnationales étrangères : des réseaux d’entreprises aux établissements localisés » à Géographie-cités. J’ai soutenu ce travail en octobre dernier.
Ma thèse a porté sur l’intégration du système de villes français dans la mondialisation économique contemporaine via les investissements menés par les firmes transnationales étrangères. Face à des discours médiatiques et politiques plus ou moins fondés, qui décrivent une perte d’attractivité de la France pour les investissements étrangers, qui prônent l’attraction d’acteurs économiques de toutes origines pour faire évoluer le statut d’une ville vers celui d’une métropole, ou face à des travaux scientifiques antérieurs qui ne se sont que partiellement intéressés à la place des villes petites et moyennes dans la mondialisation, j’ai souhaité étudier cette intégration de l’ensemble des villes françaises dans les réseaux des firmes transnationales. Ceci a été rendu possible par la reconstruction de l’arborescence des firmes étrangères en France, jusqu’à la brique de base de ces réseaux, les établissements.
Désormais, je suis post-doc à l’Université Catholique de Louvain-la-Neuve en Belgique, au sein d’une équipe qui étudie la métropole de Bruxelles au prisme de multiples interactions entre unités spatiales observés via de grands jeux de données conventionnelles et non-conventionnelles.

D’où cette image est-elle extraite ?


Cette figure est issue du chapitre 4 de ma thèse, intitulé « Les lois d’échelle comme filtre : intégration différenciée des villes dans les réseaux des firmes étrangères après filtrage du facteur taille ». Afin de confronter l’ensemble des investissements étrangers à la totalité des villes françaises, pour établir des faits stylisés à l’échelle du système de villes, j’ai mobilisé dans le chapitre 3 des relations statistiques de type puissance dites lois d’échelle. Elles ont été exploitées simplement comme un indicateur de concentration des investissements dans une partie de la hiérarchie urbaine. Ceci avait abouti à la conclusion d’une très forte inégalité d’intégration hiérarchique des villes françaises, avec une bien plus forte intégration des villes les plus grandes, au-delà du seul cas parisien.
Une fois ôté ce facteur taille, il est possible d’observer les écarts à ce premier facteur explicatif majeur, c’est-à-dire les villes qui sont, compte-tenu de leur taille, plus investies ou alors moins investies qu’attendu par leur population. C’est l’objet de ce quatrième chapitre.

Comment cette image est-elle construite ?


Deux des bases de données exploitées dans ma thèse ont permis la construction de cette figure. Premièrement, les stocks d’Investissements Directs Étrangers (IDE) localisés, qui correspondent à la totalité des emplois contrôlés depuis l’étranger dans une ville en 2008, témoignant de l’ampleur de l’intégration d’une aire urbaine. Ils ont été construits en croisant plusieurs sources (LIFI, ORBIS et CLAP) qui recensent des liens financiers de contrôle entre entreprises ou des relations entreprises-établissements. Deuxièmement, les flux d’IDE localisés, qui correspondent aux emplois créés par l’implantation de sites neufs par les firmes étrangères entre 2003 et 2015 dans chaque ville, ce qui correspond à l’évolution récente de l’intégration d’une ville. Ces derniers sont extraits d’une base du Financial Times (fDi Markets).
Une fois ôté le facteur taille, restent les écarts à l’ajustement : quelles sont les villes plus ou moins intégrées qu’attendu par leur taille. L’originalité de cette figure est de croiser ces écarts à l’ajustement pour les deux grandeurs présentées précédemment, stocks et flux. Ainsi, il émerge sur cette figure des trajectoires d’intégration des villes françaises dans les réseaux des firmes transnationales étrangères.
À gauche apparaissent les villes moins investies en 2008 qu’attendu par leur taille, à l’inverse de celles de droite, plus attractives à long-terme. En haut du document apparaissent les villes qui ont réussi à capter plus de nouveaux investissements récents qu’attendu par leur taille, contrairement à celles du bas de la figure. Ainsi, quatre types de trajectoires apparaissent ici : les villes en marginalité relative, en bleu, évitées par les firmes étrangères aux deux pas de temps d’observation ; les villes très investies qui voient leur intégration se renforcer encore, en orange ; les villes très investies qui voient à l’inverse leur intégration décliner récemment ; enfin, les villes qui voient leur intégration relative se trouver en situation de rattrapage.

Pourquoi as-tu choisi de montrer cette image ?


J’ai choisi cette image car elle résume bien une partie de mon propos sur les attractivités différenciées des villes, qui peuvent s’expliquer par plusieurs mondialisations qui se combinent. Une mondialisation par le haut, très largement explorée dans la littérature et qui concerne avant tout les métropoles (la plupart situées au centre du graphique, en gris), s’accompagne de plusieurs mondialisations par le bas. Des mondialisations qui incluent et excluent tout à la fois les territoires, à des échelons géographiques bien plus fins que celui des nations.

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