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Transversalité 3 : Mots et concepts : usages, circulations et contextes

Olivier Orain & Sabine Barles

Contexte
Le vocabulaire de la recherche donne lieu depuis plus de quarante ans à d’incessantes réflexions sur ses usages, ses limites, son histoire, sa plus ou moins grande autonomie ; elles sont ponctuées par de grandes enquêtes, souvent interdisciplinaires, souvent « militantes », qui peuvent être de grands balayages exhaustifs ou le fruit d’enquêtes minutieuses et délibérément limitées. Ces entreprises de grande ampleur n’ont pas la vocation d’arrêter une terminologie et ses usages licites mais plutôt de fournir une réflexion critique sur la circulation des mots et des concepts, les glissements de sens qui en affectent explicitement ou implicitement l’usage, avec un souci fort de contextualisation. Par contraste, les disciplines et les champs de savoir produisent régulièrement et en nombre des dictionnaires de langue plus classiques, qui cherchent précisément à codifier et stabiliser des terminologies particulières. Toute recherche qui naît sur ces questions de vocabulaire et d’idées est amenée à se positionner dans cette tension entre position contextualiste et position normative.

Enjeux et objectifs
A Géographie-cités, le travail sur les mots a été entrepris de longue date à des titres divers et de façon plus ou moins explicite et intense au sein des équipes, parfois entre elles. Le CRIA dispose d’une expertise sur la formalisation et la circulation des notions et enjeux de l’urbanisme et de l’aménagement au sein de la communauté scientifique, des porteurs des politiques publiques et des praticiens, comme entre ces groupes d’acteurs. L’équipe PARIS possède un savoir-faire en matière de traitement massif, quantitatif et dynamique, qui peut être appliqué ici à des lexiques, étudiés aussi au sein du CRIA. L’équipe EHGO s’inscrit dans une tradition de réflexion sur les mots et expressions de la géographie, en particulier ceux qui sont emblématiques, révélateurs de recompositions épistémologiques et de transformations des communautés savantes, base d’un dialogue ancien avec PARIS. Le nouveau contrat quinquennal peut être l’occasion de mettre plus encore ces travaux en synergie.
Les enjeux sont en effet nombreux qui touchent aux mots de la géographie, de l’urbanisme et de l’aménagement, au sein de et à l’intersection de ces trois champs, qui peuvent motiver une enquête indifférenciée sur l’ensemble du lexique – trop ambitieuse à ce stade –, ou un travail plus ciblé sur quelques mots, expressions, concepts soigneusement choisis pour leur caractère emblématique, ou encore une approche d’un ou plusieurs sous-champs, par exemple dans une recherche sur leur ontologie. Quel que soit le choix effectué, on privilégiera une vision « externaliste », ou au moins « dialectique » et contextualisée de la terminologie, en raison de la porosité des domaines couverts à des formulations hétéronomes (de mots, de questions) et, symétriquement, de leur capacité à introduire des termes et des catégories qui puissent déplacer la façon dont les problèmes urbains, territoriaux, environnementaux, etc., sont formulés – la question de la façon dont se formulent les agendas des politiques publiques se trouve dès lors posée.
Enfin, on s’attachera à déployer cette enquête transversale dans trois dimensions privilégiées, qui relèvent toutes plus ou moins des trois équipes : sociale, attentive à la façon dont les recours lexicaux et conceptuels manifestent des systèmes de cohésion et de différenciation révélateurs de communautés épistémiques, de groupes sociaux, etc. ; spatiale, attentive aux grandes ou petites distributions et différenciations d’usages, qui renvoient à des niveaux d’organisation en aires linguistiques, champs de pouvoir politique (étatique, national ou autre) ou économique ; temporelle, mettant l’accent sur le caractère évolutif des terminologies et des concepts, les re-sémantisations, apparentes ou voilées, tout ceci pouvant s’inscrire dans une sémantique historique du vocabulaire « scientifique ».

La mise en chantier de cette transversalité repose en premier lieu sur un séminaire d’acculturation où seront mises en commun les démarches et les attentes existant au sein des et entre les équipes. Un travail exploratoire pourra ensuite être conduit sur un échantillon de mots (diffus mais emblématiques, ou représentant un sous-champ d’intérêt collectif).

Updated on : 26 March 2019

 
 

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