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L’image du printemps 2017

Carto-verso. Trace cartographique d’un expérimentretien avec Mathias Poisson à Belleville

2013, Elise Olmedo.

Qui est l’auteure de cette image ?


Je suis Élise Olmedo, docteure en géographie, actuellement Attachée temporaire dans l’Enseignement supérieure et la recherche (ATER) en géographie et en aménagement à l’Université Paris Est Créteil. Avec Aline Jaulin (Arts du spectacle, Université Paris 7), j’anime depuis 2015 le groupe de recherche « Écrire le sensible. Laboratoire itinérant de recherche-création » réunissant des chercheurs en sciences humaines et sociales, des artistes et des spécialistes de l’aménagement (paysagistes, architectes et urbanistes).

D’où cette image est-elle extraite ?


Cette image est extraite de la troisième et dernière partie de ma thèse en géographie intitulée « Cartographie sensible. Tracer une géographie du vécu par la recherche-création », soutenue en 2015 à l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne. Cette figure se situe à la fin de mon manuscrit, elle est pourtant l’une des premières cartes réalisées et fondatrice de ma méthode. Cette figure évoque en effet l’ouverture de la thèse vers une démarche de recherche-création en géographie. En collaborant avec des artistes et des spécialistes de l’aménagement, j’ai réalisé des expérimentations de cartographie sensible, les « expérimentretiens », qui m’ont menée à explorer cette hybridation d’un travail analytique à une dimension créative. La thèse en constitue une première étape, les collaborations continuent de se poursuivre au-delà de la thèse.

Comment cette image est-elle construite ?


La démarche de cette thèse est celle de la recherche-création, un travail à la fois analytique sur les pratiques de cartographie sensible développées aujourd’hui en France, et créatif, dans la mesure où on cherche à produire des données avec les personnes enquêtées par une expérience partagée restituée sous la forme d’une carte ou d’un dessin par exemple.

Le contenu de ces matériaux de recherche émergent de la situation de recherche. Ces expérimentretiens se déroulent selon les mêmes conditions qu’un entretien classique, celui d’un espace-temps déterminé dédié à la recherche. En revanche, les conditions ne sont pas fixées uniquement par l’enquêteur, mais avec la personne enquêtée. En fonction de la situation, de leur relation, tant de leurs objectifs communs qu’individuels, on établit un dispositif pour l’expérimentation. Cette carte est la restitution d’une expérimentation réalisée en 2013 avec Mathias Poisson, artiste plasticien et performer, dans le quartier de Belleville à Paris.

Ce protocole en amont fixe les conditions d’expérimentation mêlant la marche lente dans la ville en binôme, une personne guidant l’autre qui a les yeux fermés. La partition d’expérience dessinée sur la main propose quatre séquences de marche de 10 minutes alternant les yeux ouverts et fermés, en silence et en parlant. Ce cadre d’expérience fixe des conditions communes pour l’expérimentation. La cartographie a été réalisée après l’expérimentation. Effectuée de mémoire, elle restitue les éléments repérés durant le parcours : le bar des Folies où débute l’expérience, l’eau dans les caniveaux qui renvoie à la rue des Rigoles à proximité de l’itinéraire, les grilles du parc de Belleville fermées à l’heure de l’expérimentretien et la Maison de l’air. Dans cette carte, on ne recherche la précision du rapport sensible à l’espace de son auteur. Le document rend compte des conditions du travail de la thèse, celles d’une recherche par itérations successives, dans laquelle on ne peut véritablement évaluer la place de telle ou telle trace qu’aposteriori.

Pourquoi as-tu choisi de montrer cette image ?


Ce document présente à la fois ma méthode de thèse et des résultats de recherche. Il témoigne à ce titre de la dimension processuelle d’un travail de recherche, c’est-à-dire qu’il ne résume pas directement les résultats de recherche, il évoque plutôt les prémisses de choix scientifiques exprimés en début de thèse, ensuite approfondis à travers le travail doctoral. Ainsi, cette figure n’est pas une représentation. Son statut de trace marque l’évolution de la recherche.

Updated on : 5 April 2017

 
 

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