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Accueil « Recherche « Programmes scientifiques « Universités « Plate-forme d’échanges sur les espaces publics

UMR Géographie-cités

Plate-forme d’échanges sur les espaces publics

Durée : janvier 2014 - décembre 2018

Les espaces publics suscitent un intérêt croissant dans la société civile comme dans le champ académique. Les études urbaines n’en restent pas moins globalement dominées par des approches centrées sur l’espace bâti, l’espace socio-résidentiel ou encore l’espace économique. Quand ils n’en sont pas absents, les espaces publics sont souvent relégués au second plan de l’analyse. En ce qui concerne les travaux consacrés aux espaces publics, ils ont pris de l’ampleur ces dernières années mais demeurent largement segmentés. Les études centrées sur la conception et l’aménagement des espaces s’opposent à celles sur les relations inter-individuelles et l’expérience des usagers. L’objectif de cette plate-forme est précisément de les penser ensemble, de développer les échanges scientifiques autour des espaces publics envisagés de manière globale, dans leurs relations avec un espace urbain en perpétuelle recomposition. L’idée-force est en effet que les espaces publics comptent dans le changement urbain à bien des égards. Ils importent parce qu’ils reflètent les transformations de la ville dans leurs usages, parce qu’ils les rendent visibles dans ses paysages, mais aussi parce qu’ils peuvent être un vecteur voire un instrument de ces transformations.

Dans ces vastes aires urbaines contemporaines aux contours incertains, de plus en plus polycentriques, hétérogènes et fragmentées, les rues, les places ou encore les parcs, qui constituent la figure archétypale de l’espace public, sont désormais très inégalement fréquentés. Certains rassemblent en grand nombre des publics contrastés, quand d’autres, plus nombreux, moins visibles, font l’objet de pratiques essentiellement locales voire n’assurent qu’un rôle de circulation. Parallèlement, de nouvelles figures de l’espace public ont émergé, gérées ou co-gérées par le secteur privé ou encore par des habitants, des associations et des collectifs d’architectes. Ces figures viennent compléter voire concurrencer les espaces publics les plus identifiés, aux formes plus classiques et de statut public. Les centres commerciaux, les gares et les aéroports, les friches et les délaissés urbains, ou encore les espaces agricoles en sont des exemples emblématiques. Malgré leur importance croissante, de tels objets accèdent au mieux à une reconnaissance partielle et ambiguë en tant qu’espaces publics. Il existe ainsi aujourd’hui une hétérogénéité considérable de formes, d’usages, de statuts, de représentations et d’expériences sensibles de l’espace public. Dans ce contexte de diversification croissante des espaces publics, la question du droit à la ville se pose avec force, en particulier pour les classes populaires et les populations marginalisées. L’entrée par les rapports de pouvoir et de domination devient aussi de plus en plus incontournable dans l’analyse des espaces publics.

Chercheurs et observateurs de l’urbain peinent néanmoins à appréhender ces évolutions car les grilles de lecture dominantes continuent bien souvent de se focaliser sur les espaces les plus centraux ou à hiérarchiser les espaces selon leur degré d’urbanité. Elles placent au sommet de cette hiérarchie les espaces publics les plus denses et les plus diversifiés dans leur fréquentation, qui apparaissent ainsi idéalisés. Il est donc nécessaire aujourd’hui de prendre acte de l’hétérogénéité des espaces publics au sein des espaces métropolitains mais aussi de les repenser comme des espaces labiles. Leur ouverture et leur accessibilité ne sont pas acquises : elles fluctuent à la fois dans l’espace et dans le temps, et révèlent combien ils sont le produit de négociations et de conflits entre des acteurs multiples, usagers ou gestionnaires. Les espaces publics apparaissent de ce fait comme des dispositifs où s’expérimentent de nouvelles formes d’usages, de relations, de mobilisations ou de rapports au corps. Par l’inventivité qui s’y déploie, ils font figure de véritables laboratoires spatiaux. Certes une partie de ces transformations se joue au niveau local, en lien avec des formes, des acteurs ou des types d’usagers singuliers. Mais au-delà de leur hétérogénéité, ces processus locaux mettent en jeu des pratiques et des appropriations, des formes d’aménagement, de gestion ou de régulation qui font sens ensemble. Ils s’articulent étroitement à des dynamiques métropolitaines, nationales voire mondiales, des dynamiques translocales allant des transformations sociales et spatiales à l’échelle du quartier à l’insertion de la métropole dans des réseaux d’échanges et de mobilités transnationales.

La plate-forme d’échanges sur les espaces publics (The Public Space Hub) a vocation à favoriser les rencontres et les débats et valoriser le travail de jeunes chercheuses et chercheurs. Elle vise aussi à lancer de nouveaux projets de recherche comme à s’engager dans des réseaux internationaux. Elle s’appuie sur plusieurs projets de recherche collective qui mettent en relation les chercheurs des trois équipes de l’UMR Géographie-cités et suscitent une dynamique de recherche doctorale. Elle est par essence ouverte aux chercheurs et chercheuses d’autres laboratoires intéressés par les questionnements que soulèvent les espaces publics. Ces échanges passent notamment par l’organisation d’un séminaire ouvert jetant des ponts entre les réflexions menées au sein de l’UMR Géographie-cités et le foisonnement de recherches menées ailleurs sur l’espace public.

Responsables : Antoine Fleury, Jean-Baptiste Frétigny et Dimitra Kanellopoulou

Voir en ligne : Présentation et programme du séminaire Espaces publics et mobilités

Date de mise à jour : 18 octobre 2017

 
 

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