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L’image de janvier 2016

Les trajectoires universitaires des étudiants inscrits pour la première fois en L1 en Droit en 2007 en Ile-de-France

Qui est l’auteur de cette image ?

Leïla Frouillou. Cette image résulte d’une collaboration avec Léonard Moulin (ATER en Economie à Paris 13 et chercheur au CEPN), auteur d’une thèse en économie intitulée : « Frais d’inscription dans l’enseignement supérieur : enjeux, limites, perspectives » (juin 2014). Ma thèse, « Les mécanismes d’une ségrégation universitaire francilienne. Carte universitaire et sens du placement étudiant », a été dirigée par Sylvie Fol, au sein de l’équipe CRIA. Ce travail soutenu en novembre 2015 interroge les différenciations sociales et scolaires de populations étudiantes entre les seize universités publiques de la région Île-de-France. Je suis actuellement ATER à Paris 1 Panthéon-Sorbonne et poursuis mes recherches sur les inégalités scolaires, les mobilités étudiantes et le fonctionnement du système universitaire français.

D’où cette image est-elle extraite ?

L’image est extraite du dernier chapitre de ma thèse (p. 408), intitulé « Des trajectoires étudiantes facteur de différenciations ? Dynamique du sens du placement ». Les différenciations des publics étudiants des universités franciliennes (en termes d’origine sociale et de type de baccalauréat, notamment) découlent de l’organisation de l’espace universitaire régional (localisation des sites, ségrégations résidentielles, accessibilités en transports, etc.) mais aussi du fonctionnement des systèmes d’affectation à l’entrée en première année (Admission Post-Bac depuis 2009). Ces systèmes comme les stratégies d’évitement des étudiants rendent compte des hiérarchisations symboliques entre les universités (politique de communication et construction distinctive de l’offre de formation des établissements). Ce chapitre 9 renverse le regard pour saisir les différences de publics à partir des trajectoires étudiantes : les mobilités de chaque étudiant francilien dans cet espace contribuent-elles à accroître les écarts initiaux entre établissements ?

Comment cette image est-elle construite ?

Les données individuelles SISE du MESR, construites à partir des inscriptions administratives exhaustives de l’ensemble des universités françaises, permettent de retracer les trajectoires universitaires de chaque étudiant inscrit en Île-de-France en 2007-2008. L’Optimal Matching Analysis (analyse de séquences) permet ensuite de construire des typologies en rassemblant les trajectoires les plus similaires. L’image est le résultat graphique de cette typologie : 9 groupes décrivent les trajectoires d’étudiants primo-entrants inscrits en L1 de Droit en 2007-2008 à Paris ou en banlieue (la même méthode a été appliquée pour la filière Administration Economique et Sociale, et pour toutes les filières confondues). Chaque trajectoire individuelle est représentée par un trait coloré, la juxtaposition de ces traits constitue un « tapis de séquences ». Par exemple, le groupe 3 est constitué d’étudiants inscrits à Paris en Droit en L1 (en bleu clair), dont la moitié a quitté le système universitaire l’année suivante (2008-2009) et apparaît en grisé. L’immense majorité de ces étudiants n’est plus inscrite à l’Université au bout de quatre ans : ils peuvent être dans un autre secteur de l’enseignement supérieur (école, STS, CPGE, etc.), sur le marché du travail ou encore à l’étranger.
Le principal résultat de cette typologie est la très forte proportion de trajectoires restreintes à la même université, et, en conséquence, la faiblesse du nombre de trajectoires interuniversitaires. L’analyse des caractéristiques sociales et scolaires de ces étudiants, croisée avec une enquête par entretiens répétés auprès d’environ 80 étudiants, montre que ces trajectoires, certes minoritaires, révèlent un « sens du placement ». Les étudiants les mieux dotés en capital scolaire tendent à rejoindre les établissements les plus favorisés et réciproquement.

Pourquoi as-tu choisi de montrer cette image ?

L’intérêt de cette image tient d’abord à son originalité : les analyses de séquences sont encore peu développées pour traiter d’importantes données longitudinales individuelles. Les tapis de séquences illustrent visuellement la complexité de typologie construites sur des enchaînements de situations : on peut y voir des liserés d’autres couleurs qui témoignent d’une relative hétérogénéité des groupes. Il s’agit donc là d’une méthode exploratoire dont le principal enjeu est de mesurer des ordres de grandeur. En creux, cette image montre donc la nécessité d’enquêtes qualitatives approfondies pour expliquer ces trajectoires universitaires construites grâce aux très riches bases de données SISE.

Date de mise à jour : 10 janvier 2016

 
 

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