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L’image de juillet-août 2015

Du général au particulier.
Une démarche d’intégration des modèles à la compréhension de l’évolution urbaine dans l’espace post-soviétique

 

Qui est l’auteur de cette image ?

Clémentine Cottineau. J’ai effectué ma thèse dans l’équipe P.A.R.I.S du laboratoire Géographie-cités (Université Paris 1), sous la direction de Denise Pumain, entre 2011 et 2014. Je suis actuellement en post-doctorat au Centre for Advanced Spatial Analysis de University College London.

D’où cette image est-elle extraite ?

Cette image conclut le chapitre 4 de ma thèse. Elle synthétise la démarche méthodologique de mon travail sur le système des villes (post-) soviétiques. Dans ce travail, j’ai analysé et modélisé l’évolution urbaine des pays d’ex-Union soviétique dans le but de distinguer les processus particuliers à cet espace des processus "normaux" (i.e. généraux, réguliers, stylisés) d’un système de villes.

Comment cette image est-elle construite ?

A partir de l’analyse de données urbaines harmonisées (DARIUS) décrivant l’urbanisation de l’espace post-soviétique, j’ai contribué à l’entreprise collective qui vise à extraire de la diversité des systèmes de villes dans le monde un ensemble de propriétés (ou faits stylisés) concernant l’évolution urbaine "en général". Par exemple : la régularité de la distribution hiérarchique des tailles de villes ou la présence de cycles dans la croissance des villes caractérisées par une même fonction urbaine sont des propriétés observées de manière récurrente dans le temps et dans l’espace. La comparaison de différents systèmes renforce la généralité des propriétés relevées, et permet en retour de mieux identifier les particularités et singularités propres à chaque ensemble territorial. Pour l’ex-Union Soviétique, il s’agit par exemple de la relation exacerbée entre localisation de la croissance urbaine et localisation des bassins de ressources minérales, mise en valeur par la modélisation statistique d’une trajectoire "standard". Ce versant de mon travail a donc suivi une approche inductive à partir d’observations empiriques organisées au sein d’une base de données et de théories urbaines existantes.
La partie droite de la figure représente une tentative d’explication des propriétés observées en général, et en particulier dans le système des villes d’ex-URSS depuis un demi-siècle. A partir d’hypothèses sur la croissance et la différenciation des évolutions urbaines dans un système de villes, des mécanismes représentant les processus que l’on suppose à l’oeuvre sont implémentés sous formes de règles d’interactions entre agents-villes. Un modèle incrémental (i.e. incluant un ou plusieurs de ces mécanismes), permet de rendre compte de l’interaction entre processus généraux et particularités pour tenter de reproduire la trajectoire d’urbanisation de différents systèmes de villes. La qualité des modèles résultants est alors évaluée selon une double confrontation : vis-à-vis des propriétés générales et vis-à-vis des données empiriques disponibles. Au cours de ma thèse et en collaboration avec les informaticiens Paul Chapron et Romain Reuillon, j’ai développé un tel cadre de modélisation multi-agents incrémentale permettant d’activer ou de désactiver des mécanismes de plus en plus particuliers à l’(ex-) URSS en termes : 1/ d’interactions entre agents (par redistribution de ressources au sein de régions par exemple) et 2/ entre ceux-ci et leur environnement géographique (par extraction de ressources minérales, différenciation de l’espace démographique initial, etc.). Cinq de ces modèles, explorés dans le chapitre 5 de ma thèse, ont permis de mettre en évidence la généricité de l’évolution hiérarchique soviétique, mais aussi de confirmer la singularité de trajectoires de villes comme Togliatti et Naberejnie Tchelny, que les modèles ne parviennent jamais à simuler au moyen de règles (semi-) génériques [et pour cause : l’influence du facteur politique y fut prépondérante].
Cette figure conclut le chapitre 4 de ma thèse, qui correspond au passage entre l’approche analytique et l’approche modélisatrice de ma démarche. Elle illustre donc l’objectif de ce passage, de la description vers l’explication (par mécanismes générateurs), ainsi que l’accent mis sur la multi-modélisation. De nouveaux développements, en cours, visent à étendre ce projet de spécification des modèles à d’autres espaces géographiques.

Pourquoi as-tu choisi de montrer cette image ?

C’est une image très synthétique de ma démarche de recherche, mais légendée dans le but d’en faire saisir le contenu à un lecteur extérieur.

Date de mise à jour : 15 juillet 2015

 
 

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