Menu | Contenu | Retour | Actualités | Progression | Rechercher | Pied de page | Accessibilité | Plan du site | Accueil


                      
                      
Accueil « Recherche « Programmes scientifiques « Collectivités locales « Les matériaux de construction dans la région Ile-de-France au prisme de l’écologie territoriale

DRIEE et Région Île-de-France

Les matériaux de construction dans la région Ile-de-France au prisme de l’écologie territoriale

Durée:2015-2017

Les matériaux de construction constituent la deuxième consommation de matière en poids, après l’eau, des agglomérations urbaines et ce secteur génère en poids la part la plus importante de déchets. En Ile-de-France, les déchets du BTP représentent approximativement 30 millions de tonnes (2010) alors que les déchets ménagers et assimilés ne représentent que 5,6 millions de tonnes (2005). La consommation accrue de matériaux de construction depuis les années 1970 engendre des problèmes environnementaux qui atteignent aujourd’hui un niveau critique : raréfaction de certaines ressources locales et accroissement des distances de transport, saturation des espaces de stockage des déchets, dégradation des écosytèmes. La région Ile-de-France est directement concernée par ces dysfonctionnements qu’elle doit résoudre dans les prochaines années afin notamment d’être à-même d’atteindre les objectifs ambitieux de constructions de logements et d’infrastructures de transport projetés dans le cadre du Nouveau Grand Paris.
Plusieurs documents de planification récents nous interpellent de manière différente sur ce sujet :
- le Projet de plan régional de prévention et de gestion des déchets issus des chantiers du BTP (PREDEC) élaboré par la Région Ile-de-France (adoption prévue début 2015) ;
- le Schéma directeur de la Région Ile-de-France élaboré par la Région Ile-de-France (adopté le 18 octobre 2013) ;
- le Schéma Régional des Carrières élaboré par la DRIEE qui entrera en vigueur en 2020.

Ces outils fixent des objectifs et prônent des principes qui vont dans le sens du développement d’une économie circulaire des matériaux et déchets du BTP. Ils font aussi le constat des freins au développement de cette dynamique, freins techniques, réglementaires, ou relevant de pratiques des acteurs (résistance au changement). Une meilleure compréhension de la gestion actuelle des matériaux et notamment de leur circulation, aux échelles globale de la région et locale de projets d’aménagement permettrait de mieux appréhender ces freins.

L’étude systémique des flux de matériaux de construction fait l’objet de recherches dans le champ scientifique de l’écologie territoriale. L’étude du métabolisme territorial, c’est-à-dire des flux de matières mis en jeu par le fonctionnement des sociétés au sein d’un territoire donné, permet d’envisager la ville et son environnement dans leur globalité et de dégager des pistes d’actions s’inscrivant dans la perspective du bouclage des flux et de l’économie des ressources. Des travaux de recherche internationaux s’intéressent avec une attention accrue depuis une dizaine d’années à l’évaluation du stock de matériaux, minéraux et métaux, contenus dans le milieu urbain, ce stock étant considéré comme une ressource secondaire appelée à remplacer, dans les pays très urbanisés comme la France, le recours aux ressources primaires provenant des mines et carrières.

L’objectif du projet est d’analyser les flux et le stock de matériaux et déchets de construction de la région Ile-de-France afin de contribuer à l’élaboration d’actions visant à rendre le développement et le renouvellement urbains de ce territoire plus compatibles avec le fonctionnement de la biosphère. Il s’agit d’une part d’élaborer une méthodologie d’évaluation des flux et du stock de matériaux et déchets de construction adaptée à l’échelle d’une région française ; d’autre part de contribuer à la connaissance d’une partie clef du métabolisme francilien par la quantification du stock total immobilisé, par l’évaluation du gisement potentiel de ressources qu’il représente à court terme (notamment pour élaborer le futur schéma des carrières) et par la compréhension, à partir de l’étude de deux projets locaux d’aménagement, des facteurs influant sur les flux et le stock. Les possibilités d’exploitation de ce gisement à court terme seront estimées au regard de projets de renouvellement urbain en cours et projetés (SDRIF / Contrats de Développement Territoriaux du Grand Paris) et par l’étude de la gestion des matériaux dans deux de ces projets représentatifs des pratiques usuelles dans la région. L’étude de ces projets permettra de mieux comprendre les contraintes organisationnelles (jeux d’acteurs), spatiales, techniques et économiques de la prévention des déchets, réemploi, réutilisation, recyclage des matériaux. Les données qui seront produites et leur analyse alimenteront une réflexion sur les perspectives d’évolution de la gestion des matériaux sur ces espaces de projet et à l’échelle régionale. Cette recherche sera réalisée en synergie avec le projet ANR AGREGA porté par le BRGM sur les flux d’agrégats : elle apportera des données d’entrée pour le modèle de simulation spatiale développé dans ce projet et portera sur plusieurs flux et stocks dont les métaux.

Équipe
UMR Géographie-Cités (Sabine Barles, Vincent Augiseau)
Coordination : Sabine Barles

Date de mise à jour : 7 juillet 2015

 
 

Géographie-cités 2011, Tous droits réservés