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L’image de février 2015

Modalités de l’approvisionnement alimentaire parisien de la fin de l’Ancien Régime à nos jours : schématisation du système d’approvisionnement et des conséquentes provenances des denrées consommées à Paris

 

1. Centralisation et polarisation de l’approvisionnement à la veille de la Révolution Française

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2. Ouverture et décentralisation de l’approvisionnement entre le XIXe siècle et les années 1950

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3. Découplage entre le potentiel de production de l’hinterland et l’évolution des besoins alimentaires du cœur de la métropole parisienne des années 1960 à nos jours

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Qui est l’auteur de cette image ?

Sabine Bognon, j’ai soutenu ma thèse en 2014 qui portait sur Les transformations de l’approvisionnement alimentaire dans la métropole parisienne. Je suis actuellement en contrat post-doctoral au sein du projet RESET (Rôle de l’estuaire de Seine dans l’écologie territoriale de la Normandie : cycles des nutriments et systèmes hydro-agro-alimentaires) qui implique Géographie-cités, l’UMR METIS (Paris 6) et le LERN (Ifremer).

D’où cette image est-elle extraite

Ce corpus d’images est extrait du troisième chapitre de ma thèse intitulé Trajectoire socio-écologique de l’approvisionnement alimentaire, et qui consiste en la restitution du récit de la coévolution des territoires et des acteurs qui participent à nourrir la région capitale de la fin de l’Ancien Régime à la fin du 20ème siècle.

Comment cette image est-elle construite ?

La composition de ce corpus d’images est inédite, car elles ne figurent pas exactement ainsi dans mon manuscrit. Il s’agit ici de montrer l’hétérotrophie de la région capitale en mettant en regard l’organisation de l’approvisionnement alimentaire parisien et les territoires qui sont touchés par la capacité d’externalisation de la capitale. Le découpage temporel correspond aux différentes périodes stables de la trajectoire que j’ai retracée. Un des objectifs de ce chapitre, qui n’est pas représenté ici, était aussi de démontrer les bouleversements transitionnels qui font passer la trajectoire d’une période à l’autre.

A gauche, les modalités de la gouvernance alimentaire sont explicitées par un schéma qui résulte de recherches bibliographiques : il s’agit de présenter les acteurs qui concourent à nourrir Paris et leur organisation spatiale. A droite, des cartes montrent, les origines de différents types de denrées arrivant sur le marché parisien. L’élaboration de ces cartes relève de la combinaison de sources d’origines diverses. Pour la période de l’Ancien Régime, des sources secondaires ont été mobilisées (travaux d’historiens et de biogéochimistes, eux-mêmes issus de dépouillage des archives de l’octoi et d’autres sources primaires). Ces sources combinent des données de l’approvisionnement parisien en valeur monétaire et en quantité d’azote. Pour la période industrielle à deux dates (1896 et 1910), les volumes commercialisés aux Halles de Paris sont connus par les statistiques qu’en tient le Bureau de l’Approvisionnement de la Préfecture de la Seine. La diffusion des denrées alimentaires distribuées par d’autres canaux de ventes est estimée grâce aux mêmes travaux de biogéochimistes. Enfin, pour la période contemporaine, une exploitation de la base de données SITRAM sur le transport de marchandises mise au point par le Ministère de l’écologie, a été permise par le logiciel AMSTRAM, développé au sein de l’UMR METIS (alors SISYPHE). Cette base permet de connaître les tonnages déclarés par les transporteurs. Pour toutes les cartes effectuées, une table de correspondance des denrées considérées pour chaque période a été établie. Si de nombreux biais méthodologiques peuvent être opposés à la rigueur de la construction de ces cartes, on peut toutefois y répondre en précisant que cette recherche n’avait pas de vocation spécifiquement quantitative : par leur construction selon des seuils qualitatifs (aires préférentielles, auxiliaires, résiduelles, nulles), il s’agissait simplement de mettre en image des données concordantes dans la littérature, qui n’avaient jusqu’alors jamais été compilées dans une représentation graphique.

Pourquoi as-tu choisi de montrer cette image ?

Ce corpus d’images met en évidence le perpétuel renouvellement des mécanismes institutionnels et des territoires qui contribuent à approvisionnement une métropole telle que Paris : tout au long de la période étudiée, l’organisation de la subsistance des Parisiens est modelée pour fournir une réponse à cette demande alimentaire si spécifique, en fonction des potentialités productives et infrastructurelles des territoires ainsi que des régimes politiques qui les façonnent. La prérogative alimentaire qui occupait une place prépondérante dans les préoccupations du pouvoir royal à la fin de l’Ancien Régime est passée en un peu plus de deux siècles à une question gouvernée par des intérêts privés et des logiques mondialisées. Cela se traduit dans l’élargissement progressif des aires d’approvisionnement, d’abord cantonnées à l’hinterland parisien littéral (le bassin de la Seine) et aujourd’hui ouvertes à des provenances d’échelle planétaire. Ceci dit, même si l’approvisionnement parisien est aujourd’hui délaissé par les pouvoirs publics qui régulent ad minima et laissent faire la sphère marchande privée, la représentation cartographique des aires d’approvisionnement montre une certaine persistance des provenances de certaines denrées : le bassin parisien pour les produits céréaliers, le centre et l’ouest de la France pour les produits carnés, le littoral normand pour les produits halieutiques.

Cette compilation d’images est aussi un moyen de réinterroger et de porter un regard critique sur les velléités contemporaines de rapprochement des aires de consommation et de production, et plus largement de raccourcissement des chaînes de distribution alimentaire, à la lumière de l’histoire de l’approvisionnement alimentaire.

Date de mise à jour : 6 février 2015

 
 

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