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L’image de juin 2014

Intensité de la congestion sur les voies rapides en Île-de-France et dans les régions métropolitaines de São Paulo et Mumbai

 

Qui est l’auteur de cette image ?

Je m’appelle Gaële Lesteven. Je suis docteur en géographie et aménagement du territoire de l’Université Paris 1 depuis 2012. Dirigée par Gabriel Dupuy, ma thèse porte sur les stratégies d’adaptation à la congestion automobile dans les grandes métropoles. Elle s’appuie sur l’analyse des cas de Paris, São Paulo et Mumbai.

D’où cette image est-elle extraite

L’image est issue de la deuxième partie du manuscrit de thèse. Cette partie établit un diagnostic des manifestations spatiales, temporelles et sociales de la congestion automobile dans les grandes métropoles. La congestion est définie comme une perturbation du système automobile, résultant d’un déséquilibre, à un moment donné en un point donné, entre la demande automobile et l’offre viaire.
Dans la thèse, je me demande si les manifestations spatiales de la congestion évoluent en fonction du développement du système automobile. Pour répondre à cette question, j’ai étudié le réseau des voies rapides de trois métropoles représentatives de trois stades de développement du système automobile : l’Île-de-France, la région métropolitaine de São Paulo au Brésil et celle de Mumbai en Inde.

Comment cette image est-elle construite

Afin de localiser les voies rapides les plus congestionnées, j’ai choisi d’utiliser l’indicateur d’intensité de congestion. Cet indicateur établit le rapport entre le débit d’un tronçon et sa capacité d’écoulement théorique. Le débit est exprimé en trafic journalier moyen annuel (TJMA). Il correspond au nombre moyen des véhicules qui empruntent le tronçon au cours d’une journée sur une année donnée. La capacité théorique du tronçon dépend du nombre de voies qui le compose.
Le niveau de saturation est atteint lorsque le débit atteint la capacité théorique du tronçon, c’est-à-dire quand le ratio est égal à 1. Lorsque le ratio se trouve entre 0,8 et 1, la congestion est fréquente. Lorsqu’il est entre 0,6 et 0,8, elle est sporadique. Avec un ratio inférieur à 0,6, il n’y a pas de congestion récurrente sur le tronçon.
L’image présente ainsi une estimation de l’intensité de la congestion sur le réseau des voies rapides pour les trois métropoles : les tronçons saturés (en rouge) et fréquemment congestionnés (en orange) dominent en Île-de-France et dans la région de Mumbai, alors que la congestion sporadique (tronçons en jaune) l’emporte dans la région de São Paulo.
Un système automobile à maturité, comme celui de l’Ile-de-France, tend à diluer la congestion dans l’espace. Dans la région de São Paulo, la congestion est moins fréquente sur les voies rapides, car les capacités d’écoulement sont plus importantes. Par exemple, le débit de la Marginal Tietê (MT) est comparable à celui du tronc commun A4-A86 en Île-de-France, alors que la capacité est plus du double (22 voies contre 8).

Pourquoi as-tu choisi de montrer cette image ?

J’ai choisi cette image, car elle illustre l’enjeu de la comparaison. La comparaison permet de confronter des hypothèses de recherche à des environnements différents, comme ici l’évolution des manifestations spatiales de la congestion en fonction du développement du système automobile. Cette image illustre également la difficulté de rassembler les données nécessaires, lorsqu’on ne peut les produire soi-même. Le recueil des données de trafic auprès des différents gestionnaires d’infrastructures et leur homogénéisation m’a demandé beaucoup de travail. A São Paulo, il a fallu réunir les données de plusieurs gestionnaires. A Mumbai, les données sont incomplètes et freinent l’exercice comparatif.

Date de mise à jour : 11 juin 2014

 
 

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