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Thématique transversale – Mobilité et territorialité : expériences, concepts, enjeux

L’objectif de cette thématique transversale est d’apporter des réponses à la question suivante : comment le concept et les pratiques de mobilité permettent de repenser les territorialités en dehors des représentations classiques binaires ? Il s’agit de comprendre comment la mobilité fabrique de la territorialité.

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Discours sur la mobilité à Roissy
© J.-B Frétigny

La mobilité est aujourd’hui partout présente dans la vie quotidienne. Un nombre conséquent de notions a émergé pour évoquer ses effets sur les rapports qu’entretiennent les sociétés avec leurs territoires :
• sociétés nomades (Knafou 1999, Retaillé 1998),
• sociétés en réseaux (« networked society », Castells 1996),
• image de l’archipel, territoires circulatoires (Tarrius 1994)
• ou translocalités (Appadurai 1995, Smith 1999).
La liquidité et la fluidité sont devenues des qualificatifs de choix pour évoquer l’impact du nomadisme sur les sociétés (Bauman 2000). Ces visions des mobilités portent en elles les germes d’un renouvellement de nos savoir-penser les territoires et aussi, plus globalement, les sociétés dans leurs dynamiques spatio-temporelles.

Toutefois, force est de constater que l’intégration d’une réflexion sur la mobilité n’est pas encore pleinement réalisée dans les théories liées à l’espace et à ses transformations. De nombreux auteurs dénoncent cet état de fait et d’aucuns soulignent que la majorité des recherches en sciences sociales est ‘a-mobile’ (Sheller et Urry 2006). La pensée d’une territorialité mobile demeure encore aujourd’hui inachevée.

Trois entrées sont proposées pour développer les recherches dans ce champ thématique.

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Poste-frontière Schengen
© J.-B Frétigny

La première est conceptuelle et consiste à interroger la construction des savoirs, pour mieux asseoir une approche de la mobilité comme catégorie fondatrice de l’espace, loin d’une approche fixiste. Il est question de décrypter les potentiels de renouvellement de nos savoir-faire et savoir-penser les territoires dont serait porteuse la mobilité. L’ambition est de dépasser les représentations statiques des systèmes territoriaux qui les réduisent, dans une rationalité binaire, à des catégories duales perçues systématiquement comme contradictoires.
Les nouvelles formes de l’habiter seront notamment abordées.

La deuxième entrée est relative à la dimension normative, politique et sociale de la mobilité. "Peut-on considérer la mobilité comme une valeur ?" est une interrogation qui résume bien les recherches qui seront menées dans cette direction. En effet, d’une part, la mobilité est parfois décriée car subie et survalorisée et l’injonction à la mobilité par les pouvoirs économiques et publics est vécue comme une intrusion. D’autre part, la mobilité est au contraire considérée comme émancipatrice, source d’empowerment et de nouveaux réseaux sociaux. Cette entrée analysera les interactions entre les pratiques de mobilités et les inégalités socio-spatiales et des travaux relatifs au genre et à la santé seront notamment privilégiés.

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Pratiques mobiles à l’aéroport de Francfort
© J.-B Frétigny

La troisième entrée est méthodologique : il s’agit de croiser les méthodes pour développer une approche relationnelle des territoires à partir des pratiques de mobilités individuelles. Il s’agira également, au côté de méthodes depuis longtemps intégrées dans les travaux du laboratoire, d’intégrer de nouvelles approches empiriques de la mobilité, permettant d’appréhender différemment les logiques du déplacement, telles que les techniques d’enquête circulantes et multi-sites. L’enjeu est de mieux articuler les niveaux individuels et collectifs pour pleinement intégrer le jeu des individus et des acteurs dans la fabrique collective des territoires et comprendre comment ils contribuent à inventer de nouveaux modèles territoriaux, en particulier urbains. Il est également question de mieux prendre en compte et d’associer les représentations des lieux aux pratiques territoriales des populations. En effet, la mobilité ne se limite pas au mouvement lui-même, elle englobe le déplacement, tout ce qui le précède, l’accompagne et le prolonge. L’accent est mis aussi sur une plus grande articulation des effets réciproques des dynamiques de mobilités qui se déploient à macro-échelle avec ceux des pratiques et des représentations des individus qui interviennent à d’autres échelles territoriales en particulier aux échelles métropolitaines. Enfin, une meilleure appréhension conjointe des différents types de mobilités humaines, matérielles et immatérielles, souvent étudiés de manière isolée et sectorielle, est proposée.

Références

Appadurai A., 1995, "The production of locality", in Fradon R. (dir.) Couterworks : Managing the diversity of knowledge. New York, Routledge.

Baumann Z., 2000, Liquid modernity. Cambridge, Polity Press.

Castells M., 1996, La Société en Réseaux. L’ère de l’information, Paris, Fayard.

Knafou R. (dir.), 1998, La planète « nomade », les mobilités géographiques aujourd’hui, Paris, Belin.

Sheller M., Urry J., 2006, "The new mobilities paradigm", Environment and Planning, vol. 38, 207-226.

Retaillé D., 1998, "L’espace nomade", Revue de géographie de Lyon, vol. 73, n°1, 71-82.

Smith M. P., 1999, "Transnationalism and the city", in R.A. Beauregard, S. Body-Gendrot (dir.), The Urban Moment. Cosmopolitan essays for the 21st Century. London, Sage, 199-139.

Tarrius A., 1994, "Territoires circulatoires et espaces urbains", Les Annales de la recherche urbaine, Numéro spécial : Mobilité.

Responsables : Jean-Marc Besse, Nadine Cattan, Sylvie Fol

Equipe E.H.GO
Equipe P.A.R.I.S
Equipe C.R.I.A

Date de mise à jour : 6 mai 2015

 
 

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