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PUCA

Lieux et hauts lieux des densités intermédiaires

Durée : 2011- 2014

Parmi les clichés attachés au périurbain, parfois repris dans la littérature scientifique, celui du " non lieu " reste encore très prégnant, ces derniers étant définis comme des espaces mono-fonctionnels, cloisonnés, seulement traversés et in fine peu propices aux relations sociales. On a par ailleurs souvent tendance à considérer que le périurbain serait dépourvu de " hauts lieux ", qui resteraient des figures emblématiques des zones denses. Le parti pris du projet est de proposer un changement radical de regard, qui vise à reconnaître aux lieux dans les espaces de densités intermédiaires à la fois un sens, une valeur, une capacité à créer du lien social, de l’ancrage pour les habitants, bref, une capacité à participer à la fabrique d’une autre figure de la durabilité territoriale, à côté, et non concurremment à celle de la ville compacte. Nous parlons de " densités intermédiaires " (entre les fortes et les faibles densités) et non d’espaces intermédiaires afin, là encore, de ne pas considérer le périurbain en soi et pour soi comme une catégorie, mais bien afin de nous focaliser sur le cadre spatial au sein duquel le périurbain serait susceptible de s’affirmer comme territoire.

Le projet de recherche vise une approche exploratoire des lieux et en particulier des hauts lieux hors des zones denses. Classiquement appréhendées comme lieux d’émission, les espaces de densités intermédiaires sont aussi des lieux de destination pour les loisirs, les études, le travail, les achats, les rencontres familiales… Certains de ces lieux sont des hauts lieux. Pour leur détection, dans les territoires du nord de l’Ile-de-France et du Sud de l’Oise, quatre entrées se combinent.
1) Par les flux : il s’agit de voir où les flux se croisent (création de nouveaux pôles) mais aussi là où ils se mêlent dans leur diversité (lieux de mixité des mobilités et des vitesses).
2) Par une enquête auprès des usagers : l’objectif est d’identifier les pratiques de mobilité mais aussi les logiques d’ancrage territorial des individus, et de comprendre comment ces pratiques s’articulent aux représentations qu’elles modifient en retour.
3) Par la forme et l’appropriation des espaces publics : l’équipe cherche à déceler comment et où se créent les rassemblements et les côtoiements qui participent de la constitution des densités intermédiaires comme lieu de vie et d’ancrage, de montrer que la rencontre aléatoire de l’altérité n’est pas l’attribut des seules zones centrales.
4) Enfin, par une enquête et une analyse des discours produits par les " aménageurs " au sens large (élus, aménageurs, promoteurs, etc.) : il s’agira de comprendre comment ces discours accompagnent l’émergence de ces hauts-lieux, notamment dans le cadre d’une distribution intercommunale des équipements, et intègrent les exigences de développement durable.

Cette phase d’enquête et d’analyse contribuera à alimenter une réflexion sur deux thèmes principaux.
1) Le potentiel des urbanisations dispersées à fabriquer un territoire plus durable sera discuté. Puisqu’il ne s’agit pas de passer d’une " légende noire " à une " légende dorée " des densités intermédiaires, nous discuterons les effets potentiels de ces hauts lieux d’un quadruple point de vue : leur contribution à l’émergence de boucles de déplacements locaux dans ces territoires ; les alternatives à l’automobile en mode solitaire que leur site, leur localisation et leurs usages peuvent offrir ; leur contribution à l’émergence de lieux de mixité des flux et des mobilités qui s’opposeraient à la sectorisation des espaces ; enfin, leur capacité à susciter de l’interaction sociale entre groupes sociaux différents.
2) Une redéfinition de ces territoires sera proposée. Ce travail réflexif s’appuiera conjointement sur les résultats de nos travaux empiriques et sur les apports conceptuels provenant de contexte géographiques variés (Allemagne, Etats-Unis, Monde arabe) afin de faire émerger la spécificité de la cristallisation de la pensée urbaine française autour de la notion de " périurbain " et les enjeux d’une éventuelle redéfinition conceptuelle des densités intermédiaires.

Direction : Xavier Desjardins
Equipe de coordination : Sandrine Berroir, Xavier Desjardins, Antoine Fleury, Christophe Queva

Date de mise à jour : 20 mars 2013

 
 

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